Chronique CAN Édito 3: « L’Élimination du Syli national : des regrets et quelques espoirs… » ( par Sayon Dambélé)

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Ca y est, notre enthousiasme a été douché hier aux alentours de la 82è minute du match quand le latéral gauche de la RD Congo, Arthur Masuaka a expédié une frappe en cloche dans les buts de Koné. C’était la balle du match. Ce but gag est symptomatique du match raté du Syli hier.
Réputée comme assez tactique et difficile à bouger défensivement, excepté la deuxième partie du match contre le Sénégal, l’équipe de Kaba Diawara a failli dans le domaine de prédilection qui était le sien : la concentration défensive. Après avoir fait le plus dur en ouvrant le score après une vingtaine de minutes sur un penalty bien exécuté par Bayo consécutif à une belle action construite, le Syli national s’est offert le luxe de tenir le bon bout d’un match jusque-là équilibré. Malheureusement, cela n’a duré que 5 mn avant que Chancel Mbemba, pourtant un joueur expérimenté et coutumier des buts sur corner, ne se retrouve étrangement seul pour égaliser. Cette faute d’alignement était le début d’une série d’errements défensifs qui a conduit à ce penalty malheureux concédé par Julian Jeanvier qui a cru bon de retenir par la main un attaquant lancé dans la surface de réparation. Quelle erreur ? C’est assez curieux qu’un défenseur expérimenté (31 ans) commette ce que les américains appellent un « rookie mistake » (comprendre « erreur de débutant).
La suite fut un match difficile où le sentiment général qui se dégageait laissait comprendre que la soirée allait être compliquée. La RD Congo montait en puissance portée par cet avantage qui était le prolongement d’une occasion en or ratée par le jeune Facinet Conté. Le troisième but allait finir d’achever l’espoir de tout un peuple avec des supporters magnifiques au stade.
Voilà le Syli éliminé avec beaucoup de regrets sur ce non-match. On a le sentiment qu’il y avait de la place dans ce match et plus largement qu’on pouvait légitimement nourrir des espoirs dans une deuxième partie de compétition qui était assez ouverte. Ce train là, on l’a traité hier.
Néanmoins, tout n’est pas à jeter malgré notre déception collective et légitime. Un élan s’était levé autour de notre équipe nationale qui a donné beaucoup d’émotions aux Guinéens. Sur le plan sportif, capitalisons sur ce tournoi plutôt réussi dans l’ensemble en tirant quelques enseignements :

  • Le premier qui saute aux yeux, c’est de construire sur les fondamentaux qu’on a entrevus autour de Kaba Diawara qui est à encourager même s’il doit être moins dogmatique sur certaines décisions sportives.
  • Le statut de Naby Kéita dans l’équipe-type est à questionner. Tout le monde comprend qu’il doit travailler dur pour revenir physiquement à son niveau. Notre capitaine, capable de fulgurance avec sa technique soyeuse, n’a plus les aptitudes physiques pour répondre aux exigences du football de haut niveau. Vu son âge, il urge pour lui d’avoir une hygiène de vie impeccable et de retrouver une rage pour être prêt physiquement.
  • La jeunesse de l’équipe est un atout. Beaucoup de nos joueurs ont la petite vingtaine, il faut construire autour de ce noyau dur (Aguibou, Diakité, Bayo, Sylla, Touré…).
    Restons positifs et préparons nous aux échéances de qualification pour la coupe du monde. Vive le syli national….
    Sayon Dambélé


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