Tchad : au moins deux morts lors de manifestations contre la junte militaire

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Des appels à manifester avaient été lancés par l’opposition contre les généraux qui ont pris le pouvoir, le 20 avril, après la mort du président Idriss Déby.

Deux personnes sont mortes au Tchad, mardi 27 avril, lors de manifestations contre la junte militaire qui a pris le pouvoir après la mort du président Idriss Déby Itno il y a une semaine. Un homme de 21 ans a été tué dans le sud du pays, à Moundou, selon le procureur de la deuxième ville du Tchad, Ali Kolla Brahim, qui n’a pas pu préciser les circonstances exactes de la mort du jeune homme.

« Un élève a jeté une pierre dans une voiture de la police et la police a tiré avec une balle réelle et l’élève est mort sur le coup », a précisé Ahmat Malloum, haut fonctionnaire responsable des médias d’Etat à Moundou.

A N’Djamena, la capitale du pays, « les manifestants ont attaqué un bus dans le quartier de Dembé, certains passagers ont fui mais une dame est restée et a été tuée par les manifestants », a assuré à l’Agence France-Presse (AFP) le procureur de la ville, Youssouf Tom.

Des appels à manifester ont été lancés par plusieurs partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile contre le Conseil militaire de transition (CMT) dirigé par le général Mahamat Idriss Déby, fils du défunt président, et 14 autres généraux.

Le 20 avril, le général de 37 ans a pris le pouvoir à la tête du CMT, au lendemain de la mort de son père, tué, selon l’armée, au combat contre des rebelles dans le nord du pays. Le CMT a depuis abrogé la Constitution et dissous le gouvernement et l’Assemblée nationale, mais le général Mahamat Idriss Déby a promis des « élections libres et démocratiques » dans dix-huit mois. Il a pris le titre de président de la République et chef suprême des armées.

Mais l’opposition considère le CMT comme « un organe illégal et illégitime adoubé par la France qui pense imposer aux Tchadiens une nouvelle dictature militaire ». La Convention tchadienne pour la défense des droits de l’homme a demandé lundi à ses militants « épris de paix et de justice de sortir massivement » mardi.

 « Marre de la dynastie monarchique »

Dans l’est de la capitale, quelques dizaines de manifestants brûlaient des pneus sur des axes secondaires. Les forces de l’ordre, massivement déployées à N’Djamena, les dispersaient à coups de gaz lacrymogènes au moindre début de rassemblement.

« On en a marre, marre, marre de la dynastie monarchique au Tchad », a déclaré à l’AFP Sarah, une manifestante. Derrière elle, des jeunes arrivaient en courant et criaient « police, police ». A l’approche d’un pick-up des forces de sécurité, la vingtaine de manifestants partaient en courant.

En début de matinée, des traces noires de pneus brûlés jonchaient le goudron pendant que d’autres brûlaient encore, et des détonations de grenades de gaz lacrymogène résonnaient ça et là. Dans le quartier Walia, dans le sud de la capitale, un manifestant a été roué de coups par les forces de l’ordre.

Avec le Monde



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