Affaire Rafiou Sow : les éléments de l’enquête n’ont pas permis à la justice canadienne de porter des accusations contre lui (lisez)

69

Depuis 48 heurs, le tribunal du net s’est mis en branle contre Rafiou Sow. Suspect dans une affaire de meurtre d’une canadienne il y a de cela 19 ans, Rafiou Sow a été Jugé par certains et exécuté par d’autres sans pour autant tenir compte de la présomption d’innocence et des éléments de l’enquête.

Dans un article intitulé « Meurtre irrésolu de Rachelle Wrathmall : SUR LES TRACES DU MARI EN FUITE », publié le 6 Juin 2026 par https://www.lapresse.ca au Canada, met en relief certains éléments de l’enquête qui n’ont pas permis à la justice canadienne d’engager des poursuites contre Rafiou Sow.

Dans cet article, l’auteur explique que l’autopsie réalisée le soir de la découverte du corps sans vie de Rachelle, à travers la rigidité et les lividités cadavériques, a montré qu’elle a été tuée le vendredi matin 29 Juin 2007 or, Rafiou Sow avait quitté le Canada le Jeudi Soir 28 Juin 2007 pour Casablanca. Par conséquent, pour la procureure qui était en charge de l’enquête, a estimé qu’il ne pouvait donc pas poignarder Rachelle

« Rafiou Sow n’était plus au Québec, le vendredi matin ; il ne pouvait donc pas y avoir poignardé sa femme, Rachelle Wrathmall, ce jour-là. C’est l’un des constats qui ont mené la procureure aux poursuites criminelles et pénales à ne pas déposer d’accusation contre lui. » affirme Jacques Lavigne, alors enquêteur à la Sûreté du Québec

Lisez l’extrait de l’article et la totalité sur https://www.lapresse.ca

« …Donna Wrathmall en est convaincue : sa sœur Rachelle a été tuée le jeudi 28 juin 2007. Parce que c’est ce jour-là que Rachelle a cessé de donner signe de vie. Ce n’était pas dans ses habitudes : « Elle m’appelait tous les matins, au travail. Elle m’appelait tout le temps », insiste Donna.

Que Rachelle Wrathmall soit morte le jeudi ou le vendredi pourrait n’être qu’une précision dérisoire dans cette affaire survenue il y a 19 ans à Lennoxville. C’est pourtant une pièce maîtresse du casse-tête. Un élément qui explique, en partie, pourquoi le meurtre de la Sherbrookoise de 31 ans demeure à ce jour irrésolu.

Inquiète de ne plus recevoir de nouvelles, Donna se rend chez Rachelle vers 16 h, le vendredi 29 juin 2007, pour y découvrir le corps sans vie de sa sœur. La pathologiste judiciaire qui examine l’état du cadavre, ce soir-là, détermine que Rachelle a été tuée le matin même

Jacques Lavigne, alors enquêteur à la Sûreté du Québec, se souvient : « La pathologiste nous a induits en erreur, parce qu’elle disait que le décès remontait à plus ou moins 12 heures. » Au vendredi matin, donc.

Or, le suspect, Rafiou Sow, a pris la poudre d’escampette le jeudi soir. Les enquêteurs le découvriront plus tard, en visionnant les images des caméras de vidéosurveillance de l’aéroport Montréal-Trudeau : on le voit prendre un vol pour Casablanca à 21 h 15 précises.

Rafiou Sow n’était plus au Québec, le vendredi matin ; il ne pouvait donc pas y avoir poignardé sa femme, Rachelle Wrathmall, ce jour-là. C’est l’un des constats qui ont mené la procureure aux poursuites criminelles et pénales à ne pas déposer d’accusation contre lui.

 (….)

Anny Sauvageau affirme n’avoir « aucun souvenir personnel des détails de ce cas survenu il y a près de 20 ans ». Elle ajoute qu’à titre d’ancienne pathologiste judiciaire, elle « reste tenue à un devoir de réserve et de confidentialité concernant les dossiers traités durant [sa] carrière ».

Au ministère de la Sécurité publique du Québec, dont relève le LSJML, on refuse aussi de faire des commentaires puisque l’enquête est, officiellement, toujours en cours.

(…)

Pour un policier, rien n’est plus frustrant que d’avoir la certitude de tenir son coupable sans pouvoir le faire inculper. Jacques Lavigne, qui a mené l’enquête sur le meurtre de Rachelle Wrathmall en juin 2007, connaît trop bien ce sentiment d’impuissance. « Elle ne voulait rien savoir », laisse-t-il tomber à propos d’Hélène Fabi, la procureure alors chargée du dossier. « On avait fait un beau PowerPoint avec la preuve circonstancielle. Mais non. Elle a dit : votre dossier, c’est comme un morceau de gruyère, il est plein de trous… »

Désormais juge à la retraite, Hélène Fabi n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue. Cela dit, Jacques Lavigne est formel : pour la procureure, il n’était pas question de déposer des accusations contre Raphiou Sow.

Les policiers lancés sur sa piste avaient pourtant récolté une foule d’informations incriminantes : une voiture louée aux États-Unis par Raphiou Sow et abandonnée à la frontière ; une course en taxi de Stanstead à Lennoxville ; la Jeep de Rachelle abandonnée à Dorval ; et enfin, Raphiou Sow, filmé à l’aéroport en train de monter à bord d’un vol transatlantique sans le moindre bagage…

Il rappelle qu’en général, un procureur doit être convaincu d’avoir une chance raisonnable d’obtenir une condamnation avant de porter l’affaire devant un jury. « La barre est très haute. »

Dans le cas du meurtre de Rachelle Wrathmall, la preuve est entièrement circonstancielle, soit, mais « solide », estime Éric Bolduc. « Mais quand le procureur décide que ce n’est pas suffisant, on est coincé. » Avec le recul, Jacques Lavigne peut tout de même admettre qu’Hélène Fabi n’avait pas tort : il y avait des trous dans le dossier. Et il y en a encore.

Les enquêteurs n’ont jamais retrouvé l’arme du crime. Ils n’ont jamais interrogé le suspect. Et la présence d’ADN n’a rien pu prouver, puisque celui de Raphiou Sow se trouvait déjà partout dans la maison et la voiture de sa conjointe. Et puis, il y a ce rapport d’autopsie, qui situe la mort de Rachelle après le départ de Raphiou Sow du Canada. Pour ne rien arranger, un voisin a maintenu l’avoir aperçu sur les lieux du crime… le vendredi, alors qu’il avait déjà quitté le pays. « Cela a mis la bisbille dans le dossier », reconnaît Jacques Lavigne.

Devant une telle preuve, « c’est sûr que moi, j’aurais été un peu frileux » à la place de la procureure, admet-il. « J’aurais dit : continuez votre bon travail… »

Jacques Lavigne a continué. Lorsqu’il a été transféré de la division des homicides à celle des meurtres irrésolus, à la SQ, le dossier est retombé entre ses mains. Une photo de Rachelle a orné son bureau jusqu’à sa retraite. « J’avais dit à la famille : je la garde là tant que son dossier sera ouvert. » Il se souvient d’avoir imaginé un plan pour appâter Raphiou Sow. « On cherchait un moyen de le faire revenir au Canada. On voulait lui faire rencontrer une fille, une agent double, sur les réseaux sociaux. Elle aurait eu de l’argent en masse… » En fin de compte, le plan est tombé à l’eau. « Ç’a été un vœu pieux. » (…)

N’empêche, les proches de Rachelle Wrathmall se demandent pourquoi aucun enquêteur ne s’est jamais rendu en Guinée pour interroger Rafiou Sow. « C’est décevant, avoue Marwane Diallo, un ami de Rachelle. J’ai du mal à comprendre. Si tu le considères comme un témoin important, la moindre des choses, c’est d’aller à la source pour recueillir ses dires. »

« Ça ne donnerait rien », rétorque Jacques Lavigne. Confronté aux enquêteurs québécois, Rafiou Sow n’aurait qu’à tourner les talons, comme il l’a fait en avril avec La Presse. Personne ne pourrait le contraindre à témoigner. Impossible, non plus, de collaborer avec la police guinéenne.

Rencontrer un témoin à l’étranger est une chose, mais interroger un suspect de meurtre est autrement plus délicat, explique Éric Bolduc. « Comme nous voulons l’accuser ici, il faut que ses droits en vertu de la Charte canadienne soient respectés. On ne peut pas déléguer cette responsabilité à la police locale de la Guinée….»

Extrait de l’article publié le 6 Juin par  https://www.lapresse.ca,  vous pouvez lire la totalité de l’article en cliquant sur ce lien dans la rubrique « justice et faits divers »

Toutefois, cela ne signifie pas qu’il est coupable ou non, il appartient à Rafiou Sow de donner sa version des faits, cela permettra aux enquêteurs de l’inculper ou de le disculper.

Affaire à suivre



Administrateur Général