Alors que le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation s’est récemment félicité du bon déroulement des examens nationaux de la session 2026, le Syndicat national de l’éducation (SNE) dresse un constat radicalement opposé.
Lors d’un point de presse animé ce lundi 13 juillet 2026, son secrétaire général, Michel Pépé Balamou, a dénoncé une fraude qu’il qualifie de « systémique et massive », ayant affecté le Certificat d’études élémentaires (CEE), le Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et le Baccalauréat.
Selon le responsable syndical, les irrégularités observées cette année seraient le résultat d’un dysfonctionnement profond du système d’organisation des examens. Il accuse notamment les autorités éducatives d’avoir facilité des pratiques frauduleuses, alors qu’elles étaient censées les prévenir. « Lorsqu’on parle de fraude systémique, c’est celle commise par ceux qui sont chargés de l’empêcher », a-t-il déclaré.
Le SNE dénonce également un manque de transparence dans la gestion des ressources financières allouées aux examens. Michel Pépé Balamou affirme qu’aucune communication officielle n’est faite sur les budgets depuis plusieurs années, contrairement à la période où le ministère publiait les dépenses liées à l’organisation des épreuves.
Le syndicat critique par ailleurs les critères de sélection de certains centres d’examen, estimant que des établissements privés auraient été privilégiés au détriment de structures répondant aux normes requises. Il déplore aussi le mode de recrutement des surveillants, affirmant que des personnes peu qualifiées auraient été désignées, parfois au détriment d’enseignants expérimentés.
Autre point soulevé par le SNE : le retour présumé du système de fraude dit « main à main ». Selon son secrétaire général, des copies vierges auraient été vendues avant les épreuves puis remplacées par des copies corrigées grâce à un réseau organisé.
Il attribue cette situation à la suppression de certaines mesures de sécurisation, notamment l’internement des inspecteurs chargés de préparer les sujets.
Enfin, Michel Pépé Balamou juge insuffisantes les sanctions visant plusieurs Directeurs préfectoraux de l’Éducation. Il estime que les principales responsabilités se situent au sein de l’administration centrale.
Le responsable syndical affirme également que 187 enseignants ont été interpellés contre 145 élèves impliqués dans des cas de fraude. Tout en refusant de défendre les auteurs présumés, le SNE demande que les procédures judiciaires se déroulent dans le respect des droits de chacun. Aboubacar M’mah Camara









