À Coléah comme à Mafanco, deux quartiers dynamiques de la capitale Conakry, la problématique liée à l’accès à l’eau potable demeure un problème majeur. Malgré son importance, cette ressource pourtant essentielle et vitale, est devenue rare pour de nombreux ménages, transformant chaque journée en véritable parcours du combattant.

Dans ces quartiers, depuis plusieurs années, les habitants font face à une pénurie. Dans certains secteurs, l’eau ne coule que quelque fois dans la nuit, ce qui oblige les familles à veiller pour remplir quelques bidons. Dans d’autres secteurs, elle est tout simplement absente. Ces faits poussent les habitants à se tourner vers des alternatives, dans bien des cas « non sécurisées », comme les puits traditionnels ou encore les revendeurs d’eau dans les bidons de 20l. Cette rareté a donné naissance à un business pour certains jeunes en quête de revenus.
La Vente d’eau dans les bidons, Un business parallèle pour pallier la pénurie d’eau dans ces quartiers

Comme on le dit souvent, « le malheur des uns, fait le bonheur des autres », cette assertion trouve tout son sens dans ces quartiers, dans la mesure où, leur « cauchemar » a favorisé le développement d’un commerce de vente d’eau dans les bidons.
A Mafanco corniche, entre la station-service « total » et la boite de nuit Havana club, existe trois points de distribution. Selon les informations recueillies sur le terrain, ces points de distribution fonctionnent 4 fois par semaine : Lundi, Mercredi, vendredi et Dimanche. Gérer par une famille ou un gérant indépendant, les distributeurs achètent un bidon d’eau à 500GNF et le reventent dans les quartiers à 1000 GNF, soit une recette quotidienne de 100 à 150.000GNF par jour.
Au regard de ces faits, l’on serait tenté de se poser certaines questions : Pourquoi la SEG ne développe pas cette politique de point de distribution dans les ménages afin de répondre à la problématique liée à cette pénurie ? Les ménages de ces quartiers doivent-ils faire des demandes à la SEG ? Seules les autorités compétentes peuvent donner une réponse positive à ces questions.
En attendant de trouver des solutions pérennes, les habitants doivent prendre leur mal en patience et s’adapter aux réalités du terrain. Ce qui leurs poussent à consacrer plus de moyens économiques pour se ravitailler en eau potable.
Pénurie d’eau, un fardeau économique et social
Comme annoncé plus haut, la pénurie d’eau a des conséquences économiques pour les ménages de ces quartiers, en ce sens que qu’ils doivent consacrer une part importante de leurs revenus à l’achat d’eau. ce qui accentue dans bien des cas la précarité de ces ménages.
Dans ces quartiers, les femmes et les enfants, pendant les jours de distribution, sont chargés de la corvée d’eau, et passent plusieurs heures par jour à chercher cette « denrée rare », au détriment de leurs socialisations « primaire et secondaire » sans oublier d’autres activités productives.
Comment lutter contre cette pénurie dans ces quartiers ?
Comme on le dit souvent, il n’y a pas de problèmes sans solutions. Face à cette problématique liée à la pénurie d’eau potable dans ces quartiers, il existe des solutions, mais cela nécessite une mobilisation collective, donc un changement de paradigme à tous les niveaux.
Ce sont :
- Réhabilitation des infrastructures pour améliorer la distribution de l’eau ;
- Création de nouveaux forages et points d’eau publics ;
- Sensibilisation des populations à la gestion rationnelle de l’eau ;
- Implication des autorités locales dans la problématique liée à l’accès à l’eau
- Consacrer une part importante du budget dans l’amélioration de la desserte en eau potable
En somme, la problématique liée à l’accès à l’eau potable à Coléah et à Mafanco n’est pas une fatalité, mais un défi majeur qui nécessite des actions urgentes et coordonnées.
Garantir un accès durable à l’eau potable est non seulement une question de santé publique, mais aussi un droit fondamental. Il est donc obligatoire que les autorités, prennent les dispositions afin de répondre aux aspirations légitimes des populations de ces localités
LAKATA KIMBA CAMARA









