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Libre Opinion: « Les motifs des coups d’état sont souvent des prétextes pour s’emparer du pouvoir par les armes » Par Maître Traoré

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Coup d’État, des motifs qui ne sont souvent que des prétextes pour s’emparer du pouvoir par les armes, convocation d’un prétendu dialogue inclusif pour se faire adouber par un certain peuple, charte concoctée par les idéologues des putschistes, proposition d’une durée de transition prétendument définie par les « Forces Vives de la Nation » et qui est en réalité imposée contre la volonté de la majorité, prestation de serment devant le juge constitutionnel pour « légaliser » ou plus exactement « blanchir » le coup d’État.
Le cheminement est désormais connu. Il est quasiment le même partout. Le véritable problème se situe dans le respect des engagements.
On devrait d’ailleurs se poser la question de savoir si les juridictions constitutionnelles doivent continuer à recevoir le serment d’un putschiste.
En effet, elles contribuent dans une certaine mesure à « blanchir » intentionnellement ou non les coups d’État. Mais en Afrique, surtout en Afrique subsahariennne francophone, on aura du mal à trouver un juge constitutionnel qui pourrait s’abstenir de recevoir le serment d’un putschiste ou qui choisirait de démissionner au lieu de recevoir ce serment. Il faudrait pourtant qu’on en arrive là un jour. Cela ne pourrait freiner ou endiguer l’épidémie de coups d’État qui frappe l’Afrique de l’Ouest depuis presque cinq ans.
Mais « les sages » refuseraient tout au moins de se compromettre en validant un procédé tout à fait anti-constitutionnel d’accession au pouvoir.
Accéder au pouvoir par les urnes et accéder au pouvoir par les armes sont deux procédés qui ne doivent pas coexister. Les juges constitutionnels doivent prendre position, ne serait-ce que par principe.
Maître Mohamed Traoré Avocat



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