LA RETRAITE, UN DROIT : « Dans un système bien organisé, la retraite n’est jamais une sanction » Par Mohamed Camara

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On entend souvent le colonel Mamady Doumbouya dire « c’est un droit ».

Que signifie avoir un droit ?

Par droit, on entend la faculté, légalement ou réglementairement reconnue à quelqu’un par une autorité publique, d’agir de telle ou telle façon, de jouir de tel ou tel avantage.

Avoir un droit, c’est donc la reconnaissance par les autorités publiques, de la possibilité de jouir de tel ou tel avantage. Un droit est exigible à l’État.

Sur le cas particulier des personnes mises à la retraite, le colonel dit « c’est un droit ».

Ce droit, de manière explicite, c’est ce qu’on mérite légitimement, c’est ce qui est qui est garanti par l’État, par ses lois. Cette garantie est matérialisée par la loi du 7 juin 2019 portant statut général des agents de l’Etat.

Avoir un droit à la retraite, c’est bénéficier d’une pension de retraite. C’est la reconnaissance des services rendus à la Nation. C’est le privilège désormais de ne pas avoir à travailler pour gagner sa vie et de vivre décemment le reste de sa vie.

Dans un système bien organisé, la retraite n’est jamais une sanction. Les actifs travaillent et l’État prélève des cotisations pour financer la retraite. Dans d’autres, le travailleur finance lui-même sa retraite en cotisant pendant de nombreuses années.

Cet effort collectif de solidarité est demandé à tous.

Dans nos pays, deux éléments sont cependant à prendre en compte :

– le montant de la retraite : ce montant est-il suffisant dans nos pays quand on sait que le traitement des fonctionnaires est peu élevé ?

– ne pas pouvoir accéder à l’espace professionnel : le matériel de travail et la satisfaction des demandes des citoyens. Les dessous de table qu’on peut obtenir du fait de sa fonction.

Ces deux éléments peuvent laisser paraître la mise à la retraite comme des sanctions dans un pays comme le nôtre. Disons tout d’abord que s’il en est ainsi, c’est le résultat de la mal gouvernance qui a caractérisé les gouvernements successifs de notre pays, du moins depuis 1990 lorsque la Guinée tourne la page de la période postcoloniale. Pourtant, c’est partout pareil dans le monde, l’État n’a pas à se justifier d’avoir mis des agents publics à la retraite. Il appartient aux travailleurs d’anticiper ce moment décisif de la vie professionnelle.

Cependant, l’État peut contribuer à y remédier de deux manières possibles : d’une part augmenter les pensions de retraite mais cela implique de trouver des financements. Plutôt que d’augmenter le prix de l’essence à la pompe, l’État peut agir sur la TVA ou les billets d’avion ou encore les impôts et taxes payés par les entreprises notamment. D’autre part, l’État peut envisager un dispositif de reclassement des retraités de la fonction publique dans le privé, sans pourtant compromettre l’accessibilité des jeunes au marché de l’emploi. De cette manière, l’État parvient à recruter de nouveau agents publics fraichement diplômés et enrichir le monde du privé (monde associatif et entreprises privées) avec l’expérience des retraités de la fonction publique. C’est toujours bien de faire appel aux compétences des plus sages.

La sagesse est théorique, puisque prodiguée par des retraités. Elle devient pragmatique dès lors qu’elle profite aux plus jeunes.

Mohamed Camara Juriste



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