La Lutte contre la Fraude électorale : la « mal-inscription et l’interdiction de circuler en véhicules le jour du scrutin » ACTE II

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Comme on l’annonçait dans nos précédentes publications, La fraude électorale est un acte qui consiste à modifier la volonté du corps électoral (Owen). Autrement dit, elle est un ensemble d’actes ou d’irrégularités ayant pour but d’influencer négativement ou positivement le résultat d’une échéance électorale au profit d’un candidat.

Pendant les années 90 lors des premières élections présidentielles, quand on parlait de Fraudes électorales, dans bien des cas on faisait allusion aux bourrages des urnes ou encore à la substitution des urnes. Mais depuis l’installation des urnes transparentes dans les bureaux de vote, ce phénomène semble être loin de nous. Mais aujourd’hui, les institutions politiques (CENI, partis politiques) ou encore l’état, ont adopté d’autres méthodes plus sophistiquées, plus subtiles pour frauder les élections : Parmi ces méthodes nous avons : La mal-inscription  et l’interdiction de circuler le jour du circuler le jour du scrutin

Qu’est-ce que la mal-inscription ?

Selon les spécialistes Dormagen et Braconnier dans leur ouvrage la démocratie de l’abstention, «  la mal-inscription est le fait d’être inscrit dans un bureau de vote qui ne correspond plus  à son lieu de résidence effectif ». Autrement dit, c’est un phénomène qui concerne des citoyens qui ayant déménagés, n’ont pas pu participer à la révision de la liste électorale pour une raison ou une autre afin de mettre la nouvelle adresse.

En quoi cela constitue-t-elle une fraude électorale en Guinée ?

En se basant de la définition de la fraude électorale mentionnée plus haut et en tenant compte des résultats de la dernière élection locale, Conakry a plus d’électorat dans l’opposions que dans la mouvance. L’UFDG a été le premier parti à Conakry lors de ces élections en obtenant le plus grand nombre de délégués. En ajoutant les délégués des autres partis  politiques et indépendants, l’électorat de Conakry serait favorable à l’opposition.

Or, Conakry est la ville la plus frappée par le phénomène de mal-inscription. Selon certains observateurs, plus de 10.000 personnes seraient concernées par ce phénomène. Pourtant, c’est un fait assez ignoré et banalisé, mais qui est aujourd’hui un des facteurs majeurs de la ségrégation électorale dans cette ville.

Malgré un nombre élevé de malinscrits, la CENI et l’état ne fournissent pas d’effort ou fournissent peu d’effort  pour lutter contre ce phénomène et permettre à tous les citoyens d’accomplir leur devoir civique.  Les temps consacrés à la révision des listes électorales sont insuffisants ou mal coordonnés. L’on peut souvent constater dans les fiefs de l’opposition des disfonctionnement du système lors de ces périodes de révisions : Manque de matériel, manque de personnel, bureaux de révisions insuffisants sont entre autre des situations récurrentes qui affectent considérablement le processus électoral. Comme c’est un phénomène qui touche considérablement les fiefs de l’opposition, la malinscrition affecte donc négativement l’électorat de l’opposition et profite de facto à la mouvance. C’est en cela que ce phénomène constitue une Fraude électorale.

Par ailleurs, en plus des maslinscrits, il y a  la bêtise politique ou électorale qui est l’interdiction de circuler en véhicules le jour du scrutin. Dans une ville comme Conakry, ou les malinscrits se  trouvent à des kilomètres de leurs bureaux n’ont aucune chance d’accomplir leur devoir le jour du scrutin.

Comment lutter contre cette Fraude électorale ?

Pour lutter contre ce phénomène, les partis politiques doivent  exiger une période nécessaire à la révision des listes électorales  afin de permettre à tous les malinscrits d’apporter des corrections à leurs adresses.

Le principe de proportionnalité doit être respecté  par la CENI en matière de révision des listes en fonction du nombre d’électeurs. SI l’on consacre 10 jours à Fria qui a moins de 100.00 électeurs pour une révision électorale, l’on doit consacrer par exemple 20 jours à la commune de Ratoma qui a plus de 400.000 électeurs

Par ailleurs, la CENI et l’état ont pour rôle de mettre en place des moyens permettant aux citoyens d’accomplir leur devoir civique le jour du vote. Ainsi, à défaut de délais suffisants pour la révision des listes, les partis politiques doivent exiger de la CENI la mise en place des navettes spécialisées le jour du scrutin permettant d’assurer le transport des citoyens se trouvant dans la situation de malinscrit afin qu’ils puissent se rendre à leurs bureaux de vote et accomplir leur devoir.

Lutter contre la Fraude électorale est primordiale dans un processus électoral en ce sens que cela permet de respecter la volonté des urnes et assurer le transfert pacifique du pouvoir. Nous parlerons dans notre troisième numéro de la mauvaise distribution des cartes d’électeurs qui est aussi un autre phénomène de ségrégation électorale



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