Mort d’un cousin d’Adama Traoré : Une nouvelle affaire qui interroge, la police des polices a été saisie

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Mahamadou Fofana, cousin germain d’Adama Traoré, est mort dans la nuit du dimanche 13 au lundi 14 septembre, poursuivi par la police. Les forces de l’ordre affirment que l’homme de 35 ans se serait jeté dans la Seine mais la famille conteste cette version des faits. Une information judiciaire a été ouverte et l’IGPN, la police des polices, a été saisie.

C’est un nouveau bras de fer judiciaire qui commence entre la police et le clan Traoré. Le parquet de Versailles a annoncé vendredi 18 septembre l’ouverture d’une information judiciaire pour « recherche des causes de la mort » après la noyade controversée dans la Seine de Mahamadou Fofana, cousin d’Adama Traoré, ce jeune homme de 24 ans devenu un symbole en France de la lutte contre les violences policières, après son décès en juillet 2016 à la suite d’une interpellation musclée par les gendarmes.

Dans l’affaire Mahamadou Fofana, tout débute par un coup de téléphone d’un riverain à la police, dimanche 13 septembre, pour signaler un vol de deux-roues à Marly-le-Roi, dans les Yvelines. Des policiers de la Bac, la brigade anticriminalité, se rendent sur place et repèrent cinq hommes en train de charger une moto dans un fourgon. Vers 23 h, ils prennent en chasse l’utilitaire et le rattrapent. Le conducteur stoppe alors le véhicule, s’enfuit puis se jette dans la Seine, selon la version donnée par les forces de l’ordre. Toujours selon la police, l’homme aurait alors tenté de faire demi-tour pour regagner la berge mais s’est noyé à quelques mètres du bord malgré l’intervention d’un agent pour lui porter secours.

Cependant, la version des policiers est mise en doute par l’entourage de Mahamadou Fofana, qui lance un appel à témoins car le lieu du drame ne dispose d’aucune caméra de surveillance qui permettrait d’éclaircir les circonstances de cette course-poursuite et de son issue fatale.

L’autopsie donne lieu à des versions contradictoires

Comme lors de la mort de son cousin en 2016, de nombreuses zones d’ombre restent à éclaircir dans cette affaire. Au cœur de la polémique, l’autopsie du corps. Selon un premier prérapport cité par la procureure de Versailles, Maryvonne Caillibotte, mercredi 16 septembre, « tous les signes concluent à une noyade » de Mahamadou Fofana.

Une affirmation qui fait bondir Yassine Bouzrou. Joint par France 24 au téléphone, l’avocat de la famille conteste fermement cette version et évoque « des lésions graves et récentes à l’épaule et à la tête qui peuvent correspondre à un choc contre un plan dur ».

L’existence de ces lésions et d’un enfoncement dans le crâne a été confirmée par plusieurs médias qui ont pu avoir accès au rapport d’autopsie.

La procureure de Versailles a de son côté mentionné mercredi « des abrasions cutanées sur le crâne qui sont récentes et quelques-unes sur l’épaule droite », précisant que, selon le légiste, elles « n’ont pas joué de rôle dans le mécanisme de décès ».

Me Bouzrou, qui a déposé une plainte pour homicide volontaire, accuse la procureure de Versailles de « dissimulation ». Selon lui, le Parquet aurait omis d’indiquer la présence de ces lésions et aurait empêché la famille de voir le corps. Par ailleurs, l’avocat s’indigne que la magistrate se soit empressée de « criminaliser la victime » en rappelant dans la presse le casier judiciaire de Mahamadou Fofana, qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt depuis 2017 et d’une condamnation à 18 mois de prison pour trafic de stupéfiants.

Interrogé sur d’éventuelles similitudes avec l’affaire Adama Traoré, Me Bouzrou affirme « voir des points communs avec de nombreuses affaires de violences policières présumées ».

Le comité « La vérité pour Adama » se mobilise

Sur les réseaux sociaux, le comité « La vérité pour Adama » donne de la voix pour contester la version policière. Dans une vidéo postée sur son compte Facebook, la sœur de Mahamadou Fofana évoque des « circonstances [de son décès] très floues » et dit « ne pas croire du tout » aux déclarations de la police et vouloir « rétablir la vérité ».

À ses côtés, Assa Traoré, la sœur d’Adama, figure de proue de ce comité dont l’appel à manifester contre les violences des forces de l’ordre, le 2 juin, avait réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes devant le tribunal de Paris, assure que son cousin a été frappé. « Il a des lésions. On a l’impression qu’il a pris des coups de matraque », s’insurge la militante dans cette vidéo tournée devant l’institut médico-légal de Garches dans les Hauts-de-Seine.

Une photographie de Mahamadou Fofana a également été postée vendredi avec la légende suivante : « Il était engagé dans le Combat Vérité et Justice pour Adama. Il s’était engagé contre les violences policières. Malheureusement, il est mort lui aussi dans une course-poursuite avec la police. Triste destin. Vérité et Justice pour Mahamadou ! »

C’est désormais à un juge d’instruction de répondre aux nombreuses interrogations des proches du cousin d’Adama Traoré. Cette enquête pourrait prendre plusieurs mois.

Avec France 24

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