Guinée : terres autochtones, terres allogènes, quel est le véritable sens de la Nation ?( Par Sayon Mara)

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Biens des citoyens incendiés, accrochages entre populations qui se disent autochtones et celles qu’elles considèrent comme allogènes, c’est à cette triste et incroyable scène que nous assistons depuis belles lurettes dans notre pays. Même les champs à maturité ne sont pas parfois épargnés.
Si rien n’est fait, cette situation risque un jour de dangereusement compromettre la paix et la quiétude sociale. L’Etat doit prendre à bras-le-corps ce problème. Des mesures draconiennes doivent être prises contre tous ceux qui se livrent à cœur joie à la destruction des maisons et autres biens des personnes, sous prétexte que celles-ci ne sont pas autochtones de telle région ou telle partie de la République de Guinée. Sinon, à l’allure, le risque d’une contagion dans les autres régions est très élevé.
En effet, au mépris des textes et valeurs traditionnelles régentant la société guinéenne, des jeunes désœuvrés pour la plupart se faisant passer pour le défenseur des intérêts de certains guinéens alors qu’il n’en est rien, se livrent, à cœur joie et en toute impunité, à des exactions ineffables sur de paisibles citoyens en les spoliant de leurs terres, sous prétexte que ces terres appartiendraient à leurs ancêtres.
La Guinée est notre patrimoine commun à tous. Partout où un guinéen se retrouve ou s’établit sur le territoire national, il devrait se sentir chez lui, en sécurité et ne devrait être inquiété ni spolié de ses terres pour une quelconque raison que ce soit par d’autres guinéens.
Il serait important aujourd’hui pour les autorités de taper du poing sur la table afin de ramener cette horde d’extrémistes à l’ordre pendant qu’il est encore temps, car il est incompréhensible et même inadmissible que des citoyens ayant officiellement vendu leurs terres à d’autres les réclament une fois la mise en valeur de ces domaines par les acquéreurs.
D’ailleurs, quel est le véritable sens de la Nation si des individus peuvent se constituer, sans aucune base légale, en mouvements pour récupérer sur des citoyens des terres obtenues dans le respect de la législation foncière en vigueur ?
Un proverbe maninka nous enseigne: « si tu vois des charognards autour d’un cadavre humain, ne dis pas « laissez-le ! » Dis plutôt « laissez-nous !»
C’est pourquoi, nous ne pouvons rester amorphes face à ces expropriations sans base légale qui se passent dans certaines préfectures de la Guinée, car aujourd’hui c’est Paul et demain, on ne sait jamais à qui le tour.
Sayon MARA, Juriste



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