« Lorsqu’un non- juriste dit à un doctorant en droit qu’il ne connaît pas ou ne comprend pas le droit, c’est… le comble de l’outrecuidance » Me Traoré

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En écoutant ce soir la rediffusion d’un échange dans les « GG » d’Espace FM entre un membre du CNT et un politicien, je me suis rappelé un conseil qu’avait donné un jour un ancien ministre de la Justice à de jeunes juristes qui aimaient s’engager dans des débats juridiques sur les réseaux sociaux ou dans les émissions de radio interactives. Il leur disait à peu près ceci:  » Méfiez-vous des discussions portant sur les questions de droit lorsqu’il n’y a pas d’arbitre.s pour « trancher ». Lorsque des personnes qui n’ont pas une connaissance avérée sur des questions de droit, discutent avec des juristes dont la réputation et l’expertise dans un domaine donné ne sont plus à démontrer, sans qu’il n’y ait un ou des arbitre.s, c’est le droit qui est malmené.
Et l’opinion sort de ce type de débat plus confuse que jamais. Et quand une certaine opinion partage la position ou les idées du « débatteur » non- juriste, le droit souffre plus encore. Il existe bien entendu des non-juristes qui soulèvent des questions juridiques extrêmement pertinentes et qui, après débat, finissent par se ranger aux arguments des spécialistes quand ceux-ci sont convaincants. Mais ils ne sont pas nombreux. Bien entendu, il ne s’agit pas de se laisser convaincre simplement par le titre de « juriste » ou de  » spécialiste » mais par la logique et pertinence qui se dégagent des arguments. Voilà pourquoi, à titre d’exemple, les débats devant les cours et tribunaux sont très intéressants en ce sens qu’il existe une juge qui finit par trancher la question qui fait l’objet de débat.
On comprend ainsi la raison pour laquelle bon nombre d’experts, d’universitaires et d’autres spécialistes de questions techniques rechignent à intervenir dans certains débats, car parfois tout le monde se prétend spécialiste de tout. Lorsqu’un non- juriste dit à un doctorant en droit qu’il ne connaît pas ou ne comprend pas le droit, c’est vraiment le comble de l’outrecuidance et une surconfiance en soi.
Maître Mohamed Traoré Avocat



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