La presse guinéenne en deuil : Djénabou Batco Diallo fondatrice du site Friaguinee.net n’est plus !

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La mort a encore rendu visite à la presse guinéenne ce  vendredi vers 22h. Djénabou Batco Diallo a répondu à l’appel du seigneur suite une crise cardiaque. Après l’annonce faite par son époux, l’émotion fut grande au sein de la corporation. Le monde de la presse guinéenne s’est réveillé ce matin avec cette triste nouvelle.

Qui était réellement Djenabou Batco Diallo ?

Pour répondre à cette question, nous vous présentons  le portait de Djenébou Batco Diallo réalisé par  la journaliste Maimouna SOW. Un portrait qui a été partagé sur la page de la défunte

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« Commissaire à la Haute Autorité de la Communication, Djénabou Diallo est journaliste. Mariée et mère de 5 enfants, c’est une  passionnée de littérature, de voyage et de cinéma africain. Elle commence naturellement l’école par le primaire en 1988 à Conakry. C’est au sein de l’école primaire de Donka que Djénabou va décrocher son certificat d’études élémentaires en 1994. Elle nous raconte la suite de son cursus.

 “La 7ème année au collège 1 Donka et le reste du cycle secondaire à Fria, respectivement au collège Josip Broz Tito et au lycée Amilcar Cabral où j’obtiens les bac 1 et 2 entre 2000 et 2001, option sciences sociales. J’obtiens la même année une bourse d’étude qui m’a conduite au pays de Fidel Castro. Une seule année de difficultés a suffi pour moi pour jeter l’éponge et retourner au pays. A mon retour je fais le concours d’accès à l’université en 2002 année à laquelle j’ai connu mon premier échec. L’année suivante, j’y parviens et je suis orientée à l’institut supérieur des sciences de l’éducation de Guinée (ISSEG), option langue française. Là aussi après une année de refus pour exprimer mon opposition à être enseignante à la fin de mon cycle, je rejoins le campus en 2004. En 2008, je commence à dispenser des cours d’abord dans une école primaire, le temps pour moi de prendre du goût à exercer ce métier, ensuite le cours de français dans les établissements scolaires privés. »

Jusqu’ici Djénabou Diallo n’est qu’une enseignante. Mais elle va découvrir un nouveau métier. Elle continue à nous confier son histoire. C’est le début d’une carrière.

En 2011, Rusal lance la première chaîne de radio privée dans ma ville natale (Fria). Je saisis l’occasion de réaliser enfin mon rêve d’enfance, celui d’être une journaliste comme Aissatou Bella Diallo, Assiatou Pounthioun Diallo et Hawa Camille Camara.

J’y ai posé mes valises et me suis illustrée au fil du temps. Je conquis les cœurs des auditeurs de la cité de l’alumine qui me surnommaient la voix sublime. A la voix de Fria, j’ai appris et pratiquer le métier, du reportage à la présentation du journal, en passant par l’animation. En 2016, l’envie d’intégrer la fonction publique me conduit vers la radio communautaire nouvellement implantée. Avec l’expérience déjà acquise à la VDF, je n’ai eu de difficultés à m’imposer lors du test de recrutement. Classée première, je fus automatiquement nommée cheffe des programmes de cette station. Très appréciée par la Direction générale des radios rurales de Guinée, je réussis à imposer la radio de Fria qui à travers mon Leadership fut reconnue meilleure station de radio rurale en Guinée en 2016 lors de la revue annuelle.

En fin 2017, je crée le site web d’actualités générales friaguinee.net pour combler le vide causé par une opération du cœur qui ne me permettait plus de parler dans le micro. Mon désir de continuer à exercer le journalisme, ne m’a pas laissé clouer dans un lit de grande malade.

En décembre 2019, je quitte la radio rurale pour me consacrer à friaguinee.net, qui avait pris un important élan dans la sphère médiatique. J’ai administré ce site jusqu’au 31 août 2020, date à laquelle j’ai prêté serment en qualité de commissaire à la HAC, une fonction qui ne me permet plus d’exercer ce métier jusqu’à la fin du mandat. J’ai accédé à l’organe de régulation des médias en République de Guinée à travers l’association des professionnelles africaines de la communication (APAC) dont je suis une membre active. La majorité des membres ont porté leur choix sur ma personne en votant massivement pour moi au mois d’avril 2020. Un choix entériné par un décret du Président de la République le 24 août 2021.

Au sein de cette institution, j’occupe le poste de secrétaire du collège et rapporteur de la commission éthique, déontologie et mœurs. Avant d’être à la HAC j’étais sur un projet de web TV et de radio commerciale. Ne pouvant réaliser cet objectif avant la fin du mandat, je me réserve pour le moment mais c’est un projet qui me tiens à cœur et que je compte mettre en œuvre dès la fin du mandat car moi, je me sens bien dans ce métier que j’ai exercé avec passion et abnégation. Je suis et resterai journaliste.

A moyen terme, en plus de ma maitrise en langue française et de ma licence en développement communautaire, je vais suivre des cours en ligne afin de décrocher un Master en communication. J’ai créé en 2017 la toute première association de défense des droits des femmes dans la préfecture de Fria. J’ai aussi été la présidente de la plateforme préfectorale de la jeunesse de Fria de 2016 à 2018. Je suis également animatrice socioéducative »

Djénabou Diallo laisse derrière elle un grand vide, sa dernière publication sur sa page hier vers 11h est une illustration parfaite de l’humanisme et de la piété de cette brave Dame. Sa disparition est une grande perte pour la corporation, ses enfants, son époux et l’ensemble de la vielle de Fria

« Une prière sans foi est une perte de temps car c’est la foi qui attire la puissance divine sur nous. Que Dieu fasse de nous des croyants. Bonne journée de prière ».

Toute la rédaction du site Guinée Nondi présente ses condoléances à la famille de la défunte, à ses enfants, ainsi qu’à toute la ville de Fria.

Djénabou Diallo sera enterrée ce dimanche dans sa Fria natale après la prière de 14h au cimetière de Tigué

Que la terre lui soit légère  Amen



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