Affaire Grenade : « Certains voudraient qu’on oublie aujourd’hui cette grossière machination pour porter le débat uniquement sur la grâce »

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On arrête un jeune, on l’accuse d’avoir tenté de tuer des gendarmes à l’occasion de heurts entre forces de l’ordre et manifestants. Au cours de l’enquête préliminaire, il est pris en photo dans les locaux d’un service de police judiciaire avec une arme à la main. Arme que personne n’a plus jamais revue par la suite. Sans compter que personne n’a vu les gendarmes qu’il a tenté de tuer. On prépare tout  un dossier contenant des photographies sur lesquelles on le voit avec des responsables ou dans les locaux d’un parti politique. On essaie de mettre à sa charge des faits d’une extrême gravité dans le but final de discréditer un parti politique mais aussi pour expliquer les nombreux cas de morts au cours des manifestations. On le fait condamner à une lourde peine sur la base d’un tel dossier.

Quelques jours après sa condamnation, ce jeune bénéficie d’une grâce qui intervient curieusement quelques heures après qu’il a demandé pardon au Président de la République dans une lettre.

Un jeune qui avait pourtant été diabolisé et présenté comme un de ces « militants extrémistes » de l’Opposition qui prennent des armes contre les forces de maintien d’ordre (gendarmes et policiers) lors des manifestations ou qui tirent sur des manifestants pour ternir l’image du gouvernement et des forces de l’ordre.

Certains voudraient qu’on oublie aujourd’hui cette  grossière machination pour porter le débat uniquement sur la grâce qu’il a obtenue.

Et comme il est facile de manipuler les opinions dans ce pays, beaucoup sont en train de tomber les pieds joints dans ce piège.

Une mesure de grâce est toujours salutaire parce qu’elle permet à un détenu d’être libre ou d’obtenir la réduction de sa peine même si elle n’efface pas la condamnation. Mais dans ce cas-ci, c’est aussi un devoir de dénoncer ce grossier montage qui a eu pour effet de priver un jeune Guinéen de sa liberté pendant près de cinq ans même s’il a été déclaré coupable des faits qui lui sont reprochés.

En fermant les yeux sur cette affaire parce que la victime a obtenu une grâce présidentielle par la suite, le même scénario risque de se reproduire pour le grand malheur d’autres citoyens.

Maître Mohamed Traoré



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