Lutte contre la Fraude électorale : « la mal-inscription et la mauvaise répartition des bureaux de vote » ACTE I

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Le 18 octobre prochain, les guinéens sont appelés à voter pour choisir le prochain président. A l’approche de cette échéance importante, notre rédaction a décidé de faire une série d’analyses portant sur la lutte contre la fraude électorale dans notre pays. Sur la base des enquêtes réalisées sur le terrain, nous nous sommes rendu compte que les différentes échéances électorales ont été marquées par de fraudes massives que l’on a tenté de regrouper en trois phases : Avant, pendant et après les élections.

Nous allons commencer par quelques éléments de la première phase : la mal-inscription et la mauvaise répartition des bureaux de vote

Qu’est-ce que la Fraude Electorale ?

La fraude électorale est un acte qui consiste à modifier la volonté du corps électoral (Owen). Autrement dit, elle est un ensemble d’actes ou d’irrégularités ayant pour but d’influencer négativement ou positivement le résultat d’une échéance électorale au profit d’un candidat.

En Guinée, la création de la CENI devrait permettre la mise en place des éléments normatifs et opératoires afin de donner une certaine crédibilité aux élections démocratiques. Mais cela a été dans bien des cas un échec. Selon plusieurs observateurs et les enquêtes de terrain, les échéances électorales organisées ces dernières années (2013, 2015,2018) ont été émaillées de fraudes massives, qui ont considérablement modifié la volonté du corps électoral. Le premier élément de cette fraude électorale est la mauvaise répartition des bureaux de vote

Mauvaise répartition des bureaux de vote

La répartition géographique des bureaux de vote est un facteur important dans la participation électorale.  Elle permet en effet de faciliter le déroulement du processus électoral. La mauvaise répartition des bureaux de vote ou encore l’éloignement des bureaux de vote des populations, surtout dans les milieux ruraux, constitue un facteur décourageant pour la participation électorale. Autrement dit, la distance géographique entre l’emplacement du dispositif des bureaux de vote et les électeurs est déterminante dans tout processus électoral.

Ce déploiement des bureaux de vote sur le territoire doit répondre aux préoccupations des citoyens dans la mesure où plus l’électeur est isolé géographiquement, plus il a tendance à ne pas voter donc à s’abstenir.

Par ailleurs, selon l’article 64 du code électoral(2010) « Dans les circonscriptions électorales, les électeurs sont repartis par décision du président de la CENI, sur proposition des présidents des démembrements en autant de bureaux de vote que l’exige le nombre des électeurs et les contraintes locales. Les démembrements de la CENI sont aidés dans l’accomplissement de cette tâche par les autorités administratives locales. Les bureaux de vote sont installés en des lieux neutres et faciles d’accès. En tout état de cause, hors des garnisons militaires et des lieux de culte. » Autrement dit, cet article prévoit la création d’un bureau de vote accessible aux électeurs afin de favoriser la participation électorale.

Si l’on se réfère à cette disposition, et en tenant compte de la situation guinéenne le jour du scrutin (interdiction de circulation des véhicules), aucun bureau de vote ne doit être situé à plus de à 5 km du lieu de résidence des électeurs. Or, la situation sur le terrain dresse un autre visage lié à la mauvaise répartition des bureaux de vote surtout dans les fiefs de l’opposition et principalement au Fouta. Cet état de fait est un acte qui affecte négativement la participation électorale dans les fiefs de l’opposition et cela constitue donc un acte de Fraude électorale en ce sens que cela favorise illégalement le pouvoir.

En somme, pour lutter contre la mauvaise répartition des bureaux de vote, les partis politiques de l’opposition doivent veiller à ce que la législation soit respectée en la manière : C’est-à-dire un bureau de vote pour 500 électeurs et moins de 5 km du lieu de résidence de ceux-ci

Dans le deuxième acte, nous parlerons de la « mal-inscription » qui est un phénomène assez ignoré par les observateurs et les partis politiques mais qui pourtant joue un rôle important dans la participation électorale

Sonny Camara Analyste politique



Administrateur Général


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