Seuls les Guinéens qui trouvent un intérêt dans un système de présidence à vie œuvrent à la défaite du FNDC

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D’après M. Mamadi Kaba, ancien Président de l’Institution Nationale des Droits Humains ( INIDH), le succès des manifestations de janvier et février 2007 dépendait du fait qu’elles étaient menées par la société civile mais très fortement soutenue par les partis politiques. Il reconnaît que la société civile n’aurait pas pu mobiliser à elle seule les millions de Guinéens qui étaient descendus dans la rue. Mais la classe politique s’était montrée discrète et avait pris soin de laisser le leadership du mouvement aux acteurs de la société civile. C’est par cette stratégie que l’on avait pu éviter que la contestation prenne une connotation politique vu la composition des partis politiques.

Si cette explication n’est pas à exclure totalement, il faut admettre qu’en 2007, le pouvoir en place n’avait pas usé d’arguments basés sur l’ethnie, l’argent et les nominations à des postes de responsabilité pour diviser la classe politique et la société civile afin de l’affaiblir. En d’autres termes, la manipulation ethnique et l’achat de conscience n’étaient pas aussi flagrants qu’ils le sont depuis dix ans.

L’ethnie de Hadja Rabiatou Sérah Diallo et celle de Dr Ibrahima Fofana, deux des figures de proue du mouvement, n’avaient posé aucun problème. La majorité des Guinéens s’étaient reconnus dans le combat de l’Inter Centrale Syndicale CNTG- USTG dont ils étaient les leaders. Dans les faits, les revendications qu’ils portaient débordaient largement le cadre de revendications syndicales et embrassaient des questions qui relevaient purement et simplement du domaine politique. Mais nul n’avait trouvé en cela un motif ou un prétexte pour saper le mouvement de contestation.

Ce qui importait plus que toute autre considération, c’était la fin du régime Conté ou tout au moins un changement profond dans la gouvernance d’alors. Mais aujourd’hui, les arguments les plus farfelus sont avancés pour torpiller et discréditer FNDC et son combat.

Les uns soutiennent que l’alliance entre partis politiques et organisations de la société civile est contre-nature comme s’il s’agissait d’une première en Guinée ou en Afrique. D’autres font valoir que les revendications du FNDC vont au-delà de la vocation première d’une organisation de la société civile.

Ils oublient que, comme l’a dit M. Mamadi Kaba, tout ce qui concerne la consolidation de la démocratie, de la bonne gouvernance et le respect des droits de l’homme n’est pas étranger à la société civile. En réalité, ce sont les arguments de ceux qui ont peur de s’engager ou qui ne souhaitent pas voir le FNDC réussir son combat pour une simple question d’ego ou encore qui sont tout simplement des partisans du pouvoir.

Le FNDC demeure aujourd’hui l’unique rempart contre la remise en cause systématique des acquis démocratiques de la Guinée. Seuls les Guinéens qui trouvent un intérêt dans un système de présidence à vie œuvrent à la défaite ou à la  » mort » de cette plateforme.

MAÎTRE MOHAMED TRAORE



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