L’ÉCOLE GUINÉENNE: La victime oubliée du régime actuel.

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Depuis plusieurs années, il n’est un secret pour personne que la qualité de l’enseignement guinéen est à son niveau le plus bas : les cours sont rarement menés à terme à cause des troubles socio-politiques, peu d’investissement dans les infrastructures scolaires créant ainsi un désordre complet dans ce secteur clé de développement.

Pourtant feu president Nelson Mandela disait « … Le pouvoir de l’éducation s’étend au delà du développement des compétences nécessaires à la réussite économique. Il peut contribuer à l’édification et à la réconciliation » L’ancien taulard de Robben Island avait compris pendant ses 26 ans de meditation en prison que seule l’éducation peut à la fois mener un peuple vers son développement et sa réconciliation. Je rends un vibrant hommage à titre posthume à la lucidité du combattant.

En Guinee, ce secteur n’a pas connu de rayonnement ces dernières années, et cela pour plusieurs raisons :

Alors que beaucoup de pays accordent une part importante du PIB à leur système éducatif, en Guinee peu d’investissements y sont consacrés. Même quand sur le papier des milliards sont déclarés, mais sur le terrain le resultat n’est pas visible à cause de la CORRUPTION. Comme conséquences les établissements scolaires sont vétustes, et les salles de classe surpeuplées.

À cela ajoutons le fait que le contenu actuel des programmes enseignés en Guinée n’est pas adapté aux réalités socio-professionnelles, ou aux besoins. L’agriculture et les mines étant 2 grands atouts économiques du pays, l’on devrait se doter des écoles spécialisées dans ces domaines afin d’avoir des mains d’œuvres qualifiées,  compétentes et disponibles.

La qualité de l’enseignement passe par celle des enseignants. À ce niveau le recrutement des futurs enseignants doit être rigoureux. Dans ce monde de nouvelles technologies où les choses changent rapidement, mettre en place une politique de formation des formateurs doit également être une priorité.

S’il est vrai que l’état piteux dans lequel végète l’école guinéenne aujourd’hui s’explique en partie à cause des problèmes cités ci-haut, il n’en demeure pas moins que le traitement de nos intellectuels a également une conséquence pas la moindre sur celui-ci.

Jadis, nos parents pour nous inciter à être sérieux dans les études, nous disaient toujours « demain tu seras comme tel si tu réussis tes études ». Ils nous vendaient ce rêve qui était une source de motivation. Malheureusement on ne peut plus vendre ce genre de rêve aux élèves guinéens d’aujourd’hui. Ils savent que le diplôme ne suffira plus pour décrocher un travail en Guinée. Ils n’ont plus de références.

Pour les postes de responsabilité,  désormais le plus ponctuel dans les meeting poliques aura le dessus sur le plus méritant. Avoir des relations au sommet de l’État, être militant du parti au pouvoir, être propagandiste du regime en place sont les seuls critères de sélection. L’élève guinéen n’a plus de rêve, ni de référence. Pour sauvegarder son privilège et son petit confort , l’élite guinéenne a démissionné. Elle joue désormais le jeu d’une minorité.

Nous sommes étonnés de voir des élèves d’un certain niveau d’études incapables de s’exprimer , de raisonner. Certaines vidéo d’eux sont même devenues virales sur la toile ces dernières années. Ces élèves ne sont ni idiots , ni inintelligents. Ils sont simplement des victimes d’un système qui ne fait pas de l’éducation une priorité, et qui leur a volé leur rêve.

Redonnons à l’école guinéenne son image d’antan pour que le rêve redevienne réalité.



Lamine Elmy SOUMAH

Correspondant en Angleterre


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