Trafic humain : Le cri de cœur de 17 filles guinéennes réduites à l’esclavage au Koweït

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Depuis quelques jours, une vidéo circule sur les réseaux sociaux dans laquelle des filles guinéennes expliquent leur détresse dans un camp de réfugié au Koweït. Selon elles,  leurs conditions de vie et de travail sont insupportables.

Ces filles travaillent dans des conditions déplorables avec une cadence et un temps de travail infernal et insoutenable. Plus de 20 heures de travail par jour et seulement 3 heures de sommeil. Ces situations deviennent de plus en plus inhumaines, c’est pourquoi elles sollicitent un SOS  pour leur rapatriement vers la Guinée.

Dans cette vidéo en langue nationale soussou, l’une d’entre elle pointe du doigt la lenteur des démarches et le manque de suivi des autorités guinéennes, elle s’exprime ainsi :

« Nous avons souffert, nous avons souffert ici au Koweït. Nous sommes venues ici pour aider nos parents, mais nous avons beaucoup souffert. Nous ne sommes pas venues ici pour la prostitution. Ceux qui nous ont fait venir, nous vendent de l’illusion en Guinée, une fois ici, ils nous vendent aux arabes. Nous sommes prêtes à rentrer chez nous, mais on rentre aujourd’hui ou demain ? Nous sommes là avec un travail fatiguant de 6heures du matin à 3 heures du matin.  Une fois à l’ambassade, on te demande si tu as le transport ou bien les moyens. Alors l’ambassade est là pourquoi ? Les autres pays s’occupent bien de leurs ressortissants, ils suivent bien les procédures. Tandis que nous passons notre journée à appeler le responsable guinéen qui s’occupe de nous sans réponse ». 

A travers cet audio, l’on se rend compte que ces filles sont victimes d’exploitation au travail et de mauvais traitements, c’est pourquoi elles fustigent les autorités consulaires dans le suivi de leur rapatriement en Guinée. Face à ces accusations, notre rédaction a tenté d’obtenir la version des autorités consulaires.

Joint par téléphone, les autorités consulaires ont nié le tout en bloc. Au bout du fil, monsieur Cissé Alhassane interprète–traducteur à l’ambassade de Guinée au Koweït affirme que la situation est sous contrôle et que toutes les dispositions sont prises  pour le rapatriement des filles. Selon monsieur Cissé, contrairement à ce que les gens disent, le retard du rapatriement n’est pas dû au manque de moyens, mais plutôt une question de procédure :

«Écoute mon frère, d’abord, je te remercie pour cet appel, il faut savoir que l’on doit traiter au cas par cas, pour le moment elles sont 17, mais une fois que ces filles se présentent ici à l’ambassade, nous procédons à la prise des photos et des empruntes puis on les transfert au service de police, de la direction de la déportation ici au Kowei, c’est ce service qui s’occupe du rapatriement, ce n’est même pas la Guinée, donc les koweitiens financent tout. Mais dans ce dossier, il y a trop de détails. Tout commence à Conakry. D’abord quand ces filles débarquent ici au Koweït, elles ne viennent  jamais s’enregistrer à l’ambassade, donc nous connaissons leur présence que quand elles ont des problèmes»

Pour monsieur, Cissé dès que l’ambassade s’est rendue compte de la situation des ressortissantes guinéennes qui travaillent dans des conditions déplorables, il a contacté les autorités consulaires de Koweït à Conakry via les EA, pour surseoir à l’octroi de visas aux guinéennes. Et selon Cissé, depuis 7 mois, aucun visa de travail n’est délivré aux  guinéennes.

Sur la base des documents fournis par les services consulaires, nous nous sommes rendus compte que beaucoup d’efforts ont été fournis dans la gestion complexe de nos compatriotes qui se trouvent au Koweït dans le cadre du « travail domestique ».

Par ailleurs, il y a quelques mois, les services du colonel Thiegboro avaient démantelé quelques réseaux agissant dans ce trafic humain, mais l’on ne connait toujours  pas la suite de ce feuilleton. En attendant une prise de décisions de la part de nos autorités pour le rapatriement des filles, force est de constater qu’elles vivent dans des conditions inhumaines et demandent un SOS.

Il est à noter aussi qu’une synergie d’action a été enclenchée par certains artistes et activistes  guinéens pilotée par  Oudy Premier et Erickorka Bah  pour le rapatriement de ces filles. D’ici là, toutes les  aides seraient les bienvenues.

Les pièces justificatives des démarches de l’ambassade de Guinée au Koweït

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AUTORITÉS GUINÉENNES : Svp venez en aide à nos soeurs Guinéennes au KOWEÏT. Pour l'amour de Dieu faites quelques choses .Ensemble apportons notre soutien à nos soeurs en partageant cette vidéos.

Slået op af Azaya i Søndag den 14. april 2019


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