Demande de visa d’études en Guinée: Un véritable parcours de combattants

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Créé en 2007, Campus France est placé sous la tutelle conjointe du ministre des Affaires étrangères et du ministre chargé de l’Enseignement supérieur.

Il a notamment pour missions :

  • La valorisation et la promotion à l’étranger du système d’enseignement supérieur et de formation professionnelle français, y compris par le suivi régulier des ressortissants étrangers ayant accompli tout ou partie de leur cursus dans le système français d’enseignement ou le réseau d’enseignement français à l’étranger.
  • L’accueil des étudiants et chercheurs étrangers, y compris l’aide à la délivrance des visas et l’hébergement, en appui aux universités, aux écoles et aux autres établissements d’enseignement supérieur et de recherche; ainsi qu’aux collectivités territoriales
  • La gestion des bourses, des stages et d’autres programmes de la mobilité internationale des étudiants et des chercheurs.
  • La promotion et le développement de l’enseignement supérieur dispensé au moyen des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
  • Il veille à répondre aux besoins exprimés par le réseau diplomatique à l’étranger.
  • Il collabore avec les organisations internationales et européennes, les collectivités territoriales, les universités, les écoles et les autres établissements d’enseignement supérieur et de recherche et les organisations concernées, ainsi qu’avec des partenaires publics et privés.

En analysant cette description, l’on peut dire que campus France est créé dans le but de faciliter les démarches au niveau des différentes étapes que les étudiants doivent suivre jusqu’à l’obtention du visa long séjour, mais aussi aider les candidats à mieux s’intégrer dans leur nouvel environnement une fois en France.

Cependant, en Guinée, cette structure est pour beaucoup aujourd’hui un frein à « l’immigration choisie » en ce sens que franchir toutes les étapes jusqu’à l’obtention du visa, un est véritable parcours de combattants. Et cela nécessite énormément de moyens financiers.

Le premier critère de sélection étant le niveau du candidat, ce qui est tout à fait justifié dans la mesure où cela permet de connaitre les candidats ayant les capacités « intellectuelles » à poursuivre leurs études en France. Mieux, connaissant le niveau actuel de la plupart de nos bacheliers et étudiants, cette étape est bien justifiée.

Cependant, en plus des moyens financiers colossaux demandés par le service consulaire comme frais d’études et de séjour ( l’étudiant doit fournir les 3 derniers relevés de compte bancaire du répondant ainsi qu’une attestation bancaire d’un virement permanent et irrévocable de 615 euros par mois sur 12 mois = 7380 euros par an. Ce document est à faire établir par la banque du répondant ). Cette année, l’ambassade exige à ce que l’étudiant ait un répondant dans la ville où se trouve son université ou dans les alentours. Ce qui constitue un vrai casse-tête pour les étudiants demandeurs. Depuis plusieurs mois beaucoup n’arrivent pas à trouver ce complément de dossiers, et sont bloqués aux portes de l’ambassade.

Notre rédaction a tenté de recueillir les avis de certains candidats : Pour Ousmane un des admis contacté devant l’espace Sory Kandja, il s’exprime ainsi : « j’ai été accepté par l’université de Rouen en licence 3 économie depuis le mois de Juin, et mon frère a fait tout le nécessaire, c’est à dire il a déposé les 7380 euros à la Bicigui pour le virement, mais je suis bloqué et je n’arrive pas à  déposer ma demande, parce que je n’ai pas encore trouvé quelqu’un à Rouen qui peut me faire une prise en charge ».

Et à une autre d’ajouter ; « moi je suis admise en première année à Brest en droit, et c’est mon père qui a fait le virement pour moi à la société générale, mais je ne connais personne là-bas qui peut me faire le papier demandé par l’ambassade, on ne comprend vraiment rien, il est difficile d’avoir une admission et encore très compliqué d’obtenir les 7380 euros. Moi mon père  a fait un prêt au niveau de sa banque, et on nous fatigue pour le papier d’hébergement, j’ai une autre amie, son frère a vendu son terrain à Dubreka pour financer ses études et nous sommes  tous bloquées à cause de ce papier ».

Pour ces personnes interrogées, beaucoup d’autres candidats sont dans la même situation.

Joint au téléphone, les services du Campus France, disent ne pas être en mesure de répondre à cette question, dans la mesure où la procédure est gérée par les services consulaires de l’ambassade de France en Guinée. Pour la dame qu’on a jointe et qui a requis l’anonymat, l’attestation d’hébergement demandée, relève de l’ambassade et que le travail du campus se limite après l’obtention de l’admission.

Cela démontre le calvaire que subissent les candidats aux études pour la France, et tout cela se déroule sous le « regard coupable » de nos autorités (les ministères en charge de l’éducation et le ministère des affaires étrangères) qui doivent pourtant plaider en faveur des demandeurs de visa d’études. Ces jeunes ont une seule ambition celle d’aller performer leur niveau de formation dans les universités françaises, et de revenir dans un avenir proche participer au développement socioéconomique de la Guinée. Le pays en pleine mutation, aura tant besoin de cadres compétents pour son envol économique et social.



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