Éducation : l’institut de recherche linguistique appliquée (IRLA) en manque de moyens

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Autre fois appelée académie des langues, l’institut de recherche linguistique appliquée (IRLA) a été créé en 1972 par le camarade feu Ahmed Sékou Touré. Après 51 ans d’existence, cette direction de l’éducation supérieure qui a pour mission de valoriser les langues nationales a toujours du mal à fonctionner normalement malgré la volonté des autorités de la transition.

À date cet institut est en manque du véhicule de service mais également de laboratoire pour faire des recherches approfondies. L’annonce a été faite par son premier responsable, Mohamed Bintou Keita au cours d’un entretien accordé à notre rédaction ce mardi 14 février 2023.

D’entrée, Mohamed Bintou Keita, directeur général de l’IRLA a rappelé les efforts fourni par le premier régime pour la mise en place de cet institut. « lorsque le président Ahmed Sékou Touré a voulu avoir l’indépendance culturelle à côté de l’indépendance politique, il a voulu faire de nos langues, des langues d’élaboration de la sciences, de la technique et de la technologie et de langue de communication tout simplement à l’instar des autres grands groupes linguistiques dans le monde entier ».

Poursuivant, le gardien du patrimoine linguistique guinéen, a indiqué la vision du CNRD pour cet institut. « L’Etat nous a chargé de mener des réflexions sur les questions de relance des langues nationales en Guinée. La Guinée a connu 16 ans de pratiques des langues nationales. Pendant ces 16 ans là, il fallait prendre du recul et analyser ce qui a marché et ce qui est à améliorer. Malheureusement, c’est ce qui n’a pas été fait, ça n’a pas permis de tirer des leçons. Nous, nous sommes chargés particulièrement de mener la politique du gouvernement en matière de la promotion de la langue nationale et notamment la question de la relance de l’enseignement de ces langues-là à l’école. Nous y travaillons, nous allons élaborer des manuels scolaires, et nous avons l’expertise requise pour pouvoir relancer ces questions, mais il faudra des moyens et du temps ».

Selon lui, pour faire un travail aussi important que le travail de la cherche linguistique appliquée il faut des moyens, mais à en croire, cet institut est en manque de presque tout. « Nous sommes en manque des moyens financiers et humains. Cet institut vient de très loin et la question des langues nationales n’était pas la priorité, c’est la venue du CNRD au pouvoir qui a donné une nouvelle dynamique à cet institut sous la clairevaillance de madame la ministre Dr. Diaka Sidibé.

Concernant les moyens humains, malheureusement les gens qui sont orientés à l’IRLA, sont des personnes qui ont bénéficié des promotions à travers la fonction publique. Donc, ces gens-là se retrouvent ici, mais ils ne savent pas pourquoi ils sont là.
Ensuite le moyen financier, dans un institut de recherche linguistique appliquée, il faut des moyens. Parce que, ce que nous faisons ce n’est pas de la recherche fondamentale, c’est de la recherche appliquée, c’est destiné à la consommation tout de suite, et pour cela il faut se rendre auprès de la population à la base.
Donc, il faut des moyens de déplacements, également de laboratoire, mais jusqu’à date, l’IRLA n’a pas de véhicule de service, n’a pas de laboratoire de langue pour nous permettre de vulgariser nos travaux et les rendre accessibles au monde scientifique à travers le monde ».

Il faut signaler que cet institut a besoin aussi d’un siège digne de nom.


Entretien réalisé par Sonny Camara et Aboubacar M’mah Camara



Toronto, Ontario, Canada