Malakoff en Île-de-France : Moctar, apprenti boulanger malien menacé d’expulsion

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 A Malakoff en région parisienne, Moctar, 18 ans, prépare un CAP boulangerie. Mais depuis novembre 2020 et sa majorité, il est visé par une obligation de quitter le territoire français. Son patron se mobilise et une pétition en ligne a été lancée pour empêcher son expulsion.

A Malakoff en région parisienne, Moctar, 18 ans, prépare un CAP boulangerie. Mais depuis novembre 2020 et sa majorité, il est visé par une obligation de quitter le territoire français. Son patron se mobilise et une pétition en ligne a été lancée pour empêcher son expulsion. ©

À Malakoff en région parisienne, Moctar, 18 ans, prépare un CAP boulangerie. Mais depuis novembre dernier et sa majorité, il est visé par une obligation de quitter le territoire français. Pour son patron, pas question de l’abandonner pour autant.

« Il apprend très bien, très vite, pour nous c’est le rêve ». Moctar, 18 ans, fait l’unanimité auprès de ses collègues de la boulangerie de l’Écureuil, à Malakoff dans les Hauts-de-Seine. Seulement voilà, même si le garçon arrivé du Mali en 2019 met beaucoup d’énergie chaque matin quand il met les mains dans le pétrin, il est supposé quitter le territoire français.

Depuis novembre et son passage à la majorité, Moctar est menacé d’expulsion. Une procédure incompréhensible pour son patron, Antoine Lefèvre : « Dès que tu deviens majeur, si tu n’as pas eu 6 mois de formation diplômante, tu es expulsé. Mais la formation diplômante il est en train de la faire, c’est ridicule. »

« L’un des meilleurs apprentis qu’on ait eus »

Alors le boulanger à la tête de l’entreprise familiale préfère simplement ignorer la menace qui plane au-dessus de la tête de son apprenti. Pour lui, pas question de se passer d’un élément aussi investi que Moctar : « Il comprend, il est tout le temps là à l’heure, il est motivé. Moctar fait partie des meilleurs apprentis qu’on ait eus ici. Ce n’est pas impossible que je le garde après sa formation ».

Très discret, le principal intéressé continue de travailler en essayant de ne pas se poser trop de questions. Lui aussi a bien du mal à comprendre ce qu’il peut faire de plus pour mériter de rester : « Ça fait longtemps que je voulais travailler en boulangerie. Je travaille, je n’ai jamais manqué l’école, mon patron est content, je ne comprends pas ».

De nombreux apprentis menacés d’expulsion

Moctar est loin d’être le seul dans cette situation. Son cas rappelle forcément celui du jeune apprenti guinéen de Besançon (Doubs), dont le patron avait décidé de faire une grève de la faim pour obtenir sa régularisation. Selon le Réseau d’éducation sans frontières (RESF) cité par Le Parisien, il y aurait au moins 13 apprentis menacés d’expulsion dans le seul département des Hauts-de-Seine.

Pour Antoine Lefèvre, il faut faire la lumière sur ces jeunes immigrés qui ne reculent pas devant le travail et qui pourraient bien participer à sauver le savoir-faire français. Moctar était par exemple le seul candidat à un CAP dans sa boulangerie, significatif d’un métier qui attire moins : « Eux, ce sont des jeunes qui sont motivés à travailler sur de l’artisanat où le métier se perd un peu, c’est important de les garder ». Alors pour sauver leur protégé, la boulangerie a lancé une pétition en ligne qui a déjà récolté plus de 1 800 signatures et le soutien d’élus locaux. L’objectif : obtenir la régularisation de Moctar. Antoine Lefèvre aimerait ensuite lui faire passer une formation en pâtisserie.

Avec RFI



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