ÉTAT GUINÉEN ET DIGNITÉ HUMAINE : REGARD RÉTROSPECTIF (Par Jean Paul KOTEMBEDOUNO)

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« Nous avons, quant à nous, un premier et indispensable besoin, celui de notre dignité. Or, il n’y a pas de dignité sans liberté, car tout assujettissement, toute contrainte imposée et subie dégrade celui sur qui elle pèse, lui retire une part de sa qualité d’Homme et en fait arbitrairement un être inférieur (…) Nous ne renonçons pas et ne renoncerons jamais à notre droit légitime et naturel à l’indépendance ».   (Discours de SEKOU TOURÉ, 25 août 1958 à l’Assemblée territoriale à l’occasion de la visite du général de Gaulle).

Tels sont les termes dans lesquels Sékou Touré, (devenu quelques mois plus tard le Premier Président de la République de Guinée), dans un Discours du 25 août 1958 à l’Assemblée territoriale, à l’occasion de la visite du général de Gaulle, réaffirmait l’engagement irréversible du peuple de Guinée à recouvrer son indépendance. Cet engagement constant déboucha ainsi sur la proclamation de l’indépendance du pays le 2 octobre 1958, après avoir désapprouvé l’adhésion à la Communauté française. La République de Guinée devint ainsi la première ancienne colonie française d’Afrique subsaharienne à accéder à l’indépendance ; ce qui impliqua son droit de s’autodéterminer librement y compris dans la détermination de son système politique.

L’indépendance de la Guinée, recouvrée dans des conditions tendues,  était dans une large mesure sous-tendue, dans les différents discours, par l’IMPERATIF DE RESTAURATION DE LA DIGNITÉ DU PEUPLE GUINEEN. Garantir cette ‘‘DIGNITÉ’’ dépendait désormais des dirigeants du nouvel Etat indépendant. De même, l’atteinte de cet objectif supposait l’adoption de mécanismes destinés à soumettre l’Etat et son administration au droit, en vue de protéger les citoyens contre l’arbitraire des gouvernants.

Pour autant,

LE MEPRIS DE NOS DIRIGEANTS POUR LE RESPECT DES LOIS ET L’ESPRIT DE CES LOIS DE LA REPUBLIQUE ; L’OBSESSION DU POUVOIR QUI IMPLIQUE LA DETERMINATION INFAILLIBLE POUR SA CONFISCATION ; LA ‘‘SERVITUDE VOLONTAIRE’’ DES RESPONSABLES DE NOS INSTITUTIONS ; LE RECOURS AUX DISCOURS ETHNIQUES COMME INSTRUMENTS DE REMOBILISATION PARTISANE ; LA BANALISATION DE L’EDUCATION NATIONALE ; LA BANALISATION DE LA SACRALITÉ DES VIES HUMAINES ; LA QUASI- CONSTANCE DE L’IMPUNITÉ,

VOILÀ QUELQUES RAISONS PERMETTANT DE SOUTENIR QUE LES ATTENTES LÉGITIMES SUSCITÉES PAR LES DECLARATIONS D’INTENTION DE NOS PERES FONDATEURS, DANS LE CONTEXTE DE LA REVENDICATION DE NOTRE INDEPENDANCE, ONT ETE FRUSTRÉES.

IL N’Y A QU’À RAPIDEMENT REVISITER :

Les cruautés perpétrées entre 1958 et 1984 ; celles perpétrées de 1984 en 2008 y compris et surtout, celles de 1985 ; de 2007, sans oublier les descentes rapides dans des Universités et les morts qui s’en suivaient banalement et sans conséquences pénales; Celles de 2009 sous l’empire de la transition qui sont restées sans poursuite même si les principaux concernés ont officiellement revendiqué le droit de se faire juger, en vain ; celles de 2010 au 24 octobre 2020, sans la moindre suite judiciaire.

POUR AUTANT, L’ENGOUEMENT POUR NOS DIRIGEANTS EST ÉLEVÉ ET INCONDITIONNEL AU POINT OÙ LE MOINDRE REQUISITOIRE CONTRE EUX APPELLE DES REACTIONS D’UNE VIOLENCE INSPIRANT LA DISUASION.

AINSI, LE JOUR OÙ SERA FORMÉE, EN GUINÉE, UNE REELLE OPINION PUBLIQUE CITOYENNE EXIGEANT DES COMPTES À SES DIRIGEANTS SANS SE FOCALISER SUR DES APPARTENANCES COMMUNAUTAIRES, CES DERNIERS (QUELS QU’ILS SOIENT) RESPECTERONT LES LOIS DE LA REPUBLIQUES QUI, EN GENERAL, ONT VOCATION À PROTÉGER LES INDIVIDUS (QUELS QU’ILS SOIENT) CONTRE L’ARBITRAIRE.

Jean Paul KOTEMBEDOUNO



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