Personnalité de la semaine : Ousmane Sekou Condé, médecin et militant associatif (membre de l’A150ccc)

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Diplômé en médecine à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry,  Condé Oumane Sekou est de la 39 eme promotion de médecine (2005), en plus de cette formation, il a obtenu un  Master 2 en santé publique (ingénierie de systèmes de santé des pays en voie de développement à l’université Aix Marseille 2 en 2012. En 2013, Condé a aussi obtenu un Diplôme interuniversitaire sur la prise en charge du VIH (Nice, Marseille, Montpellier) en 2013. Coordinateur de projet de la solidarité internationale à l’institut Bioforce de Lyon en décembre 2019. Après avoir acquis une grande expérience au service de traumatologie orthopédie de l’hôpital national de Donka de 2005 à 2010. Depuis 2014, il est médecin faisant fonction d’interne à l’hôpital de la Timone à Marseille.

En plus de ces formations et expériences, monsieur Condé est aussi un militant associatif : Il a été Président de l’ADSEG (Association des Diplômés de Santé sans emploi de Guinée de 2007 en 2010.

Aujourd’hui il est membre  de l’A150ccc (association des 150 de la convention citoyenne pour le climat  depuis février 2020) en France. C’est à dire, des citoyens tirés au hasard pour participer à des formulations de propositions pour le climat.

Notre rédaction est allée à sa rencontre au Sud de la France à Marseille

Bonjour Monsieur Condé :

Bonjour Guinée Nondi

 Aujourd’hui, notre système de santé est mis à rude épreuves suite à la Covid-19. Quel regard portez-vous sur la santé en Guinée ?

Mon regard aujourd’hui sur la santé publique en Guinée ? D’abord la santé publique est une spécialité qui s’occupe de l’étude d’une part des déterminants physiques, psychosociaux et socioculturels de la santé de la population, et d’autre part des actions à améliorer la santé de la population.

La santé publique en Guinée a connu quelques petites avancées depuis une dizaine d’années  mais elle souffre d’une reconnaissance et d’un manque criard de spécialistes dans ce domaine.  C’est un pays où il reste un vaste chantier pour trouver des solutions aux problèmes prioritaires de santé qui sont mis en évidence et qui sont entre autres :

Moralités maternelle et infanto juvénile élevées, Prévalence élevée des maladies  transmissibles, des maladies à potentiel épidémique émergent. Faible performance du système de santé qui s’explique par: Faible couverture sanitaire universelle. Sous financement du secteur de santé avec un faible financement par l’état (2 à 3% le budget alloué à la santé). Faible densité des ressources humaines de qualité. Faible disponibilité des médicaments, des vaccins, infrastructures, équipements, produits médicaux et autres technologies de qualité. Informations et connaissances en  santé non disponibles en temps réel pour la prise des décisions et la gestion des services du secteur de santé.

Alors après ce constat, selon quel serait le défi à relever, ou bien qu’est-ce qu’il faut pour rehausser la qualité des soins dans notre pays ?

La nouvelle politique de santé publique doit se donner comme vision : une Guinée où toutes les populations sont en bonne santé, économiquement et socialement productives bénéficiant d’un accès universel  à des services de soins de santé de qualité avec leurs pleines participations.

On n’est pas sans savoir qu’en Guinée, la constitution reconnaît la santé comme un droit fondamental en son article 15 qui stipule « chacun a droit à la santé et au bien-être physique « . L’état a le devoir de les promouvoir, de lutter contre les épidémies et les fléaux sociaux.

Il existe beaucoup de défis à révéler  dans le domaine de la santé publique en Guinée mais le défi majeur du système de santé pour les années à venir reste et demeure l’instauration d’une véritable couverture sanitaire et son élargissement à l’ensemble des populations par le renforcement des prestations des services de santé et le développement de la santé communautaire.

Pour relever ce grand défi le système de santé doit faire face : l’amélioration de la gouvernance du secteur de santé publique.la disponibilité des ressource humaines de qualité et motivées. Le renforcement des infrastructures et équipements. L’adoption d’un financement adéquat et équitable. La disponibilité des médicaments, autres produits de santé de qualité et technologies médicales. Le relèvement de l’efficacité du système d’information sanitaire et de la recherche.

Voutes faites partie des 150 citoyens français tires au sort pour participer à l’élaboration des propositions pour le climat. Selon vous, est-ce possible de faire cette expérimentation de la convention citoyenne pour le climat  en Guinée ?

L’idée de la convention citoyenne pour le climat est née d’un collectif appelé les gilets citoyens, ils ont rencontré le président Macron qui a trouvé l’idée géniale. Il a été décidé de tirer 150 citoyens au sort à travers les numéros de téléphone (85% par leurs numéros portables et 15% à travers leurs numéros fixes.

Les 150 citoyens proviennent de la France (aucune région n’a été épargnée), tous les âges compris (le plus jeune à 16 ans et le plus âgé a 85 ans), toutes les catégories socioprofessionnelles sont représentées.  52 % des citoyens sont des femmes contre 48% d’hommes.

 La lutte contre le réchauffement climatique  dans le cadre d’une démocratie citoyenne participative concerne tout le monde pour un équilibre planétaire.

Pendant  9 mois nous avons travaillé dur à 150 citoyens sur des mesures allant dans le sens de la réduction des gaz à effets de serre d’au moins 40%  d’ici 2030 dans un esprit de justice sociale et d’aboutir à la neutralité du carbone d’ici 2050.

Je pense que cette expérience peut-être expérimentée en Guinée

Voyons aujourd’hui les constructions anarchiques des habitants sans aucun respect des normes en la matière. Tous ces vieux véhicules polluants qui inondent le pays. La multiplicité des industries et usine pour la plupart étrangères (Chine, Turquie, Inde…) entre Coyah et Dubreka où l’air est irrespirable sans parler des conséquences sanitaires.  L’écosystème de la Guinée est fortement dégradé à cause des exploitations minières (exemple la Sag à siguiri).

Il est temps de faire le diagnostic sur les effets néfastes de la dégradation de l’environnement, et pendre  des mesures afin de sauver notre planète et prévenir ses conséquences sanitaires sur les populations. Développer l’agriculture, les moyens de transport peu polluants.

En Guinée ça va être difficile de faire une convention citoyenne pour le climat à l’image de la France, vu le niveau d’alphabétisation qui reste bas. Ce qui est sûr, il faut associer toutes les 4 régions naturelles du pays. Associer toutes les catégories socioprofessionnelles, la société civile, les élus locaux. De façon séparée, organisée une convention sur le climat par région naturelle. Pendant  3 mois, chaque région fera le diagnostic de sa propre région, et une rencontre sera organisée pendant 2 semaines à Conakry pour faire le bilan et faire un document contenant des mesures et propositions qui doit être remis au gouvernement pour son adoption.

Quel regard portez-vous sur la situation Sociopolitique ?

Cette situation donne à réfléchir, je suis apolitique. Cependant, Je regrette ce qui se passe actuellement en Guinée, où les partis politiques  s’identifient aux ethnies. A mon avis la situation sociopolitique du pays reflète du non-respect de nos textes de loi. Si nous votons nos lois il faut les respecter. Dans ce pays il existe une poignée de personnes qui se croient indispensables et irremplaçables, depuis l’indépendance ils sont là et conduisent le pays à la corruption, à la gabegie financière et au Trafic d’influence. Ils sont dans tous les partis politiques. Je demande à la nouvelle génération de prendre sa responsabilité. Car tous les acteurs politiques actuels  ont échoué. Vous savez on dit que le poisson pourrit toujours par la tête, donc s’il n’existe pas de bons leaders, de leaders responsables, patriotes et consciencieux, nous sommes loin de sortir de l’auberge.

Vu le niveau d’analphabètes en Guinée, c’est difficile de sortir de l’ornière surtout que les populations n’écoutent que leurs leaders. Il faut essentiellement investir dans l’éducation, il y a une lueur d’espoir car la nouvelle génération commence à prendre conscience de la situation que le pays traverse

Quel est votre mot de la fin ?

Malgré que j’ai une bonne situation actuelle en France, je veux rentrer au pays pour me mettre au service de ma nation afin d’apporter ma pierre à l’édifice. Je demande autant à tous les guinéens où qu’ils soient dans le monde de faire quelque chose pour notre pays.J’interpelle le gouvernement guinéen et les autorités locales à faciliter le retour au bercail de ses fils pour leur intégration. Je vous remercie de m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer sur votre site. Merci une fois encore



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