Guinée : Conakry accueille la 2ᵉ édition du Forum international des secrétariats généraux de gouvernement consacrée à l’IA

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Le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a présidé, mercredi 14 octobre 2026, la cérémonie d’ouverture de la deuxième édition du Forum international des secrétariats généraux de gouvernement à Conakry. Placée sous le thème « L’intelligence artificielle au service de la performance gouvernementale », cette rencontre de trois jours réunit des délégations de 13 pays, en présentiel et à distance, autour des enjeux de la modernisation de l’administration publique.

Conakry est, depuis le mercredi 14 octobre, au cœur des réflexions sur l’avenir de l’administration publique à l’ère du numérique. Responsables gouvernementaux, experts et représentants de plusieurs pays prennent part à la deuxième édition du Forum international des secrétariats généraux de gouvernement, consacrée aux possibilités offertes par l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer le fonctionnement des institutions publiques.

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité de la Déclaration de Conakry, adoptée en avril 2025, qui a posé les bases d’un réseau international de coopération entre les secrétariats généraux de gouvernement. Un an après sa création, ce cadre de concertation poursuit son développement et entend favoriser le partage d’expériences ainsi que la modernisation des méthodes de travail gouvernemental

Dans son discours de bienvenue, le ministre secrétaire général du gouvernement guinéen,  Monsieur Tamba Benoît Kamano, a salué la mobilisation des délégations et les progrès réalisés depuis la mise en place du réseau. Il a notamment insisté sur l’importance d’une coopération respectueuse des réalités propres à chaque pays.

« Nous avons privilégié la collaboration afin de favoriser une approche inclusive, durable et adaptée au contexte de chaque pays en matière d’organisation du travail gouvernemental et de production normative », a-t-il déclaré.

Pour le ministre, l’objectif n’est pas d’imposer un modèle administratif unique, mais de permettre à chaque État de tirer profit des expériences des autres, tout en tenant compte de ses spécificités institutionnelles et de ses besoins.

Le réseau des secrétariats généraux de gouvernement s’est progressivement doté d’une organisation destinée à renforcer son fonctionnement. La Guinée accueille son siège permanent, tandis que le Burkina Faso assure le secrétariat. Le Tchad et le Maroc occupent, quant à eux, les vice-présidences.

La plateforme s’est également ouverte à de nouveaux membres issus de différents espaces linguistiques, notamment le Ghana, la Gambie, le Rwanda, la Guinée-Bissau et Haïti, qui participe aux travaux à distance.

Cette diversité témoigne de la volonté des États participants de renforcer les échanges et de construire des réponses communes aux défis de la gouvernance publique.

Au centre des discussions figure une question essentielle : comment utiliser l’intelligence artificielle pour rendre l’administration plus efficace, sans compromettre la qualité du droit, la transparence et la responsabilité des décideurs publics ?

Pour les secrétariats généraux de gouvernement, dont les missions touchent notamment à la préparation du travail gouvernemental, à la coordination des textes juridiques et à la conservation des archives de l’État, les applications de l’IA pourraient ouvrir de nouvelles perspectives.

Présidant la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre Amadou Oury Bah a souligné que cette technologie devait être envisagée comme un outil de transformation du travail administratif, et non comme une simple innovation technique.

« Cette question touche au cœur même de la mission des SGG : la qualité du droit, la préparation du travail gouvernemental, la continuité de l’État et la préservation de sa mémoire », a-t-il rappelé.

Selon le chef du gouvernement, une utilisation appropriée de l’IA pourrait permettre de réduire certaines tâches répétitives, de consacrer davantage de temps à l’analyse, d’améliorer la préparation des arbitrages et de faciliter l’accès des citoyens à l’information publique.

Au-delà des principes, les échanges portent également sur des applications concrètes de l’intelligence artificielle dans la gestion des ressources publiques et la modernisation des infrastructures.

Le Premier ministre a notamment évoqué la digitalisation des marchés publics, en lien avec la coopération engagée avec le Rwanda et la mise en œuvre de l’application Télémo.

La Guinée travaille également à l’intégration de l’intelligence artificielle dans la mercuriale des prix, élaborée avec la contribution de l’Agence de gestion et de coopération entre la Guinée et ses partenaires (ACGP) et de l’INSE, selon les éléments présentés lors de la cérémonie.

L’objectif est notamment de mieux évaluer les coûts des grands travaux, en tenant compte des réalités du terrain. Pour la construction des routes, par exemple, la prise en considération des caractéristiques géologiques locales, comme la présence de latérite ou de granit, pourrait contribuer à établir des estimations plus précises du coût au kilomètre.

Une telle démarche vise à améliorer la maîtrise des dépenses publiques, à renforcer l’objectivité des estimations et à mieux protéger les ressources de l’État.

Si les possibilités offertes par l’intelligence artificielle suscitent de l’intérêt, les participants soulignent également les risques liés à son utilisation dans les administrations publiques.

La confidentialité des informations, la sécurité des données, la souveraineté numérique, le maintien de la responsabilité humaine figurent parmi les principales préoccupations soulevées.

L’enjeu est de tirer parti des outils numériques sans laisser les décisions publiques dépendre exclusivement de systèmes automatisés. L’IA doit ainsi rester un instrument d’aide à la décision, sous le contrôle des responsables humains, notamment lorsque sont en jeu les droits des citoyens, l’application des lois ou l’utilisation de l’argent public.

Les participants entendent également prévenir le risque de voir les écarts technologiques entre les pays se creuser, faute de moyens financiers, d’infrastructures adaptées ou de compétences spécialisées.

Le programme du forum prévoit huit ateliers thématiques. Deux d’entre eux sont réservés aux chefs de délégation et porteront notamment sur la formalisation du réseau et les questions d’éthique liées à l’intelligence artificielle.

Les six autres ateliers seront consacrés aux expériences nationales, aux bonnes pratiques et aux solutions proposées par différents acteurs technologiques, notamment en Guinée, au Sénégal et au Rwanda.

À l’issue des trois jours de travaux, plusieurs documents sont attendus. Il s’agit notamment de la Déclaration de Conakry 2, destinée à consolider les acquis de la première édition, ainsi que d’une déclaration sur l’utilisation responsable et éthique de l’intelligence artificielle, inspirée notamment des principes défendus par l’Union africaine et le Rwanda.

Les participants doivent également examiner et adopter la feuille de route stratégique du réseau pour la période 2027-2029.

À travers cette rencontre, la Guinée entend poursuivre les réflexions sur la transformation numérique de l’État et le renforcement de l’efficacité administrative. Reste désormais à traduire les engagements annoncés en mesures concrètes, capables d’améliorer durablement le fonctionnement des institutions et la qualité du service rendu aux citoyens.

Aboubacar M’mah Camara



Administrateur Général