Bangouya(Kindia): Des fissures constatées sur des maisons, des populations accusent le projet Souapiti

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Située dans la préfecture de Kindia, la zone de Tène regroupe en son sein plusieurs districts et Bangouya en est la sous préfecture. Certains villages se trouvent à côté du bassin du fleuve Konkouré. Les populations sont à vocation agro-pastorale. 

Dans la quasi-totalité des districts visités, l’on observe des fissures sur les maisons.

De Tombo en passant par Lamba,  Diataya, Kolibara,  Simbareya, Lamba Foulla, Lamba Hakoudhe Thiandy, Warkhalan centre, Gadha warkhalan (Soriya), Damouya centre, Tambikoure, Damouya Foulla, Tamire (hamdalaye), Madina djan centre, Dhewere, le constat est le même. 

Diallo Mamadou Lamarana est membre de l’union des impactés du projet Souapiti: 《Notre inquiétude avant aujourd’hui était la montée des eaux du barrage Souapiti. Mais de nos jours c’est les tremblements de terre qui se répètent perpétuellement. L’épicentre se trouve dans notre village. D’après les autorités des mines, on ne doit pas construire dans les rayons de 10 km de l’épicentre》nous apprends t-il. Avant de renchérir en ces termes:

《Malheureusement il y a plusieurs villages qui se trouvent à côté de cette plaque installée au niveau de l’épicentre. Pour être précis, il y a plus de 50 villages qui se trouvent dans ce rayon. Nos parents sont terrifiés et ils n’ont presque plus de terres cultivables. Ceux qui sont dans l’élevage ne savent plus où amener leurs bétails. Les populations de ces zones, nous les ressortissants résidant à Conakry et à l’extérieur du pays sommes inquiets》.

A Lamba, le ministère des mines et de la géologie après une visite de terrain à installer une plaque au niveau de l’épicentre. Sur cette dernière l’on peut lire qu’il est interdit de construire sur un rayon de 10km. Pour Issiaga Soumah un autre membre de l’union des impactés cela est une préoccupation:《Le tremblement de terre dans une zone rurale n’est pas à négliger. Parce qu’ en cas de tremblement de terre avec une forte teneur, les dégâts peuvent être graves.

Ils (responsables mines) nous disent que la teneur du tremblement de terre n’est pas destructif. Que ça ne peut pas faire beaucoup de dégâts. Ils nous disent que sur l’échelle de Richter que si l’intensité n’atteint pas 5 que cela n’a pas d’effet. Ils disent que ce qu’ils ont recensé c’est au dessous de 5》nous explique t-il. Avant de rajouter:

《  Les rayons de 10 km là quand vous calculez ça même notre sous préfecture Bangouya est situé à 08 km de l’épicentre. Quand on prend l’environnement qui se situe dans les rayons de ces 10 km, les 10 km là touche toutes les 4 préfectures qui entourent le bassin de Souapiti. Si vous prenez   Souguécrou dans la sous préfecture de kollet (préfecture de Téliméle), cette localité est située à 5 km de l’épicentre. Sangaréya dans la préfecture de Pita est à 08 km. Bangouya qui est une sous préfecture de kindia est à 5km. Les villages de Tahiré  dans Tondon (Préfecture de Dubréka) sont à 8 ou 9 km. Nous connaissons tout ici》. 

Selon ce membre, leur union a déjà entamé des démarches: 《Nous avons mené beaucoup de démarches mais nous sommes déçus par nos autorités, à commencer par nos responsables locaux. Depuis que l’événement a commencé, ni le gouverneur, ni le préfet encore moins le sous préfet ne se sont déplacés pour venir voir ce qui se passe sur le terrain. On a adressé des courriers aux autorités des mines, au projet, au gouvernement et même au premier ministre.. On les a tous alerté sur ce qui se passe sur le terrain mais jusqu’à présent on ne les a pas entendus》.

Des doléances sont aussi posées par lui《Je profite de cette visite pour demander au professeur Alpha Condé d’observer ce qui se passe chez nous. Cela fait 03 ans que nous sommes entrain de  dénoncer ce qui se passe sur le terrain. Le tremblement de terre est différent de la montée des eaux. Pour l’eau les populations faisaient un système de surveillance. Les jeunes se succédaient pour observer la montée des eaux mais avec le tremblement de terre quand il se fait, il se fait d’un seul coup. Notre dernier recours c’est le président de la République. Nous lui demandons d’envoyer des experts pour voir ce qui se passe. S’ ils trouvent qu’on ne peut pas régler le problème de tremblement de terre, je lui demande d’aider les populations à déménager》conclut-il.



Journaliste, Correspondante à Conakry


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